Chantiers 2010
Le don alimentaire
Après une saison des pluies catastrophiques en 2009, face à l’urgence de la situation, nous avons fait parvenir 5,5 tonnes de maïs afin d’assurer la « soudure » alimentaire des villageois. Cela permet en outre de manifester notre lien amical avec les cellules X’NATURE.
Ce don alimentaire a bénéficié à trois villages. Danfi, ayant eu une saison des pluies plus favorable, a préféré investir dans du barbelé afin de protéger les plantations anciennes des méfaits des animaux.
Les chantiers d’arbres
Les quatre chantiers se sont bien déroulés.
Les cultures couvre-sol
À la suite d’expériences hasardeuses, il a été décidé d’uniformiser les plantations en couvre-sol, avec haricot et arachide : c’est ce qui nécessite le moins d’eau, avec un meilleur rendement que le maïs.
· Bon : un hectare de haricot, et quatre d’arachide, avec une récolte de 600Kg le terrain ayant été innondé juste avant la récolte.
· Touessin : quatre hectares d’arachide. Les labours ont été effectués bénévolement par les membres, avec une récolte de 700Kg la mise en culture a été tardive les habitants préconisent de débuté en juin.
· Danfi : cinq hectares d’arachide, trois hectares de haricot, avec une récolte de 4 tonnes 6.
· Loum : quatre hectares d’arachide et un hectare de haricot, avec une récolte de 1tonne 2.
Les plantations d’arbres
En tout, 960 arbres plantés, 240 par chantier. Les manguiers plantés sont des manguiers greffés.
● Bon : 120 anacardiers et 120 manguiers,
● Touessin : 120 manguiers et 120 goyaviers,
● Loum : 240 manguiers,
● Danfi : 240 manguiers.
Le matériel dont nous avions équipé les cellules est toujours en fonctionnement, complété par quelques achats effectués par les membres de l’association.
La saison des pluies 2010 a été bonne, la reprise des arbres est de 90%.
La situation dans chacun des villages :
● Bon et Touessin : les activités étaient restées en suspens depuis 2008. Les cellules ont changé de parcelle. Elles ont trouvé chacune une surface de 10ha plus proche de l’eau. La nouvelle plantation d’arbres a commencé sur 2ha dans chacun des deux villages. L’ancienne surface a été conservée et entretenue pour y cultiver de l’arachide pour le fonds de roulement (selon nos pratiques depuis le début de l’association 60% pour la population, 40% pour la cellule).
● Loum et Danfi ont aménagé 2 nouveaux ha (laissant les arbres, enlevant les arbustes).
Un point sur les surfaces restaurés et reboisées depuis l’origine de l’association :
- Bon en est à 2 ha.
- Touessin en est à 4ha.
- Danfi en est à 8ha, seul village à être conforme au programme qui avait été fixé à l’origine de notre association.
- Loum : la surface de plantation a été réduite en raison des questions de voisinage interethnique : nous avons subi incendies et coups de machettes à répétition. Le calme semble revenu avec les Dagaris. L’idée avait été émise de les faire entrer dans l’association, mais il y a débat dans la cellule… Et on ne sait pas s’ils ont envie de participer.
Les rencontres avec les cellules villageoises
Ces rencontres sont toujours très fructueuses. Les idées fusent, les différentes générations s’y rencontrent et échangent.
Selon les cellules, il y a des variations de génération : à Bon, c’est une moyenne d’âge de 50 ans, à Danfi et Touessin, c’est plutôt 40, à Loum, ils sont très jeunes, autour de 30 ans… Essentiellement des hommes, mais les femmes sont dans les conseils d’administration. Si elles ne sont pas à la plantation, elles sont présentes aux récoltes et à la répartition.
Nous avons demandé qu’il soit procédé à un comptage du temps passé sur les chantiers, de façon à procéder à la « valorisation du temps de travail des bénévoles » pour le faire entrer dans les budgets établis pour les demandes de subvention (ou tout au moins en faire mention dans nos compte-rendu d’activité). Chaque cellule a procédé au comptage journalier des heures de travail et du nombre de personnes présentes.
Nous allons procéder à un comptage des reprises d’arbres.
Le maraîchage
Le sujet principal des préoccupations dans les réunions, c’est le maraîchage…
Loum s’est lancé en 2009 pour un premier test avec un lot de semences confié par Kokopelli, sur une petite parcelle prêtée par la paroisse. Les graines sont arrivées tard, fin novembre 2009 par Lucile Habert (présidente en France de l’association ACTES qui s’occupe de parrainages d’enfant à l’école de Loum).
Les semences ont été réparties en 4 pour chacune des cellules X’NATURE.
Un grand besoin d’information s’est exprimé lors des réunions sur les semences et la culture bio.
Le matériel et les semences vont être répartis de sorte que les parcelles puissent être mises en route. Nous avons réalisé une surface de 600 m₂ en parcelles grillagées dans chacun des quatre villages. On a racheté pour le maraîchage, le matériel pour la fabrication des fosses fumières et les outils pour la réalisation des travaux.
Pour chaque parcelle de maraîchage, un cahier d’observation va être mis en place.
L’idée est lancée de demander à chaque village d’être garant d’une variété pour produire des graines. Les villageois sont d’accord sur le principe.
Les foyers économiseurs
10 foyers ont été envoyés dans chaque village. Les villageois en sont réellement satisfaits.
Le forgeron de Boura (préfecture dont dépend Loum) est enthousiaste.
Evariste, qui est le concepteur du foyer que nous promouvons, conserverait le monopole de la fabrication sur Ouaga, mais il est prêt à former des gens.
20 autres foyers ont été fabriqués pour la promotion (pour la Fédé, SOS Sahel, Tourisme et développement solidaires, etc.).
Mais la question est : l’utilisateur est-il prêt à mettre 13500CFA dans le commerce pour acquérir un foyer économiseur ? En Sissili, dans la campagne, la problématique du bois comme denrée rare est moins évidente qu’en ville…
Il est à noter que l’Etat propose actuellement un modèle à 6500CFA, sans double paroi.
Le forage de Danfi
Après plusieurs entretiens avec différents intervenants, nous avons repris contact avec une entreprise chargée du forage, un cabinet d’ingénieur chargé du suivi de la réalisation ainsi qu’un technicien chargé de la maintenance durant un an.
Notre financeur, la CREA, nous a demandé de trouver un partenaire, une ONG au Burkina Faso, afin d’effectuer le transit et la bonne gestion du chantier de forage. Après de longues négociations, nous sommes tombés d’accord sur une convention de partenariat entre Sos Sahel et X’NATURE.
La CREA a validé le financement du forage à Danfi. La réalisation de ce forage sera effective dans le premier semestre 2011.
L’association X’NATURE BURKINA FASO
L’association X’NATURE BURKINA FASO a eu quelques difficultés à se mettre en place.
La lenteur de l’administration au Burkina Faso fait que nous n’avons toujours pas le récépissé nécessaire à la mise en place de l’association à Ouaga.
Les membres de l’association ont rencontré le directeur du service des associations qui leur a assuré que le dossier allait être traité dans les plus brefs délais, en s’excusant du retard dû aux élections présidentielles.
Pour conclure :
Le fait d’avoir de l’argent cette année a relancé l’enthousiasme ! La saison des pluies a été bonne ! Nous avons pu progresser sur de nouvelles idées.
Un village, Danfi est arrivé au bout des 8 hectares restaurés, et, avec le forage prévu, est parvenu au terme du programme ainsi que nous l’avions prévu à la fondation de l’association. Nous gardons bien sûr le lien, sous une forme « allégée », de conseils techniques éventuels.
Nous nous rendons compte que la problématique de l’eau est cruciale. Ce n’est pas l’objectif essentiel de notre association, mais nous devons la prendre en compte.
Notre vocation première, nous ne l’oublions pas, c’est « reboiser pour lutter contre la désertification ».
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